Actuellement, près de 200 millions de personnes sont au chômage dans le monde. Cela représente environ 6% de la main d’œuvre mondiale. Mais au cours des dix prochaines années, 400 millions de nouveaux emplois devront être créés pour absorber l’accroissement annuel de la main-d’œuvre estimé à 40 millions par an, indique l’OIT dans son rapport annuel intitulé « Tendances mondiales de l’emploi 2012 : Prévenir une aggravation de la crise ».
Et les perspectives de création d’emplois au niveau mondial sont loin d'être positives.
Si le taux de croissance mondiale reste inférieure à 2% en 2012, le chômage augmentera et touchera 204 millions de personnes dans le monde et 209 millions en 2013, note le rapport. Dans un scénario moins sombre, qui suppose que soit rapidement résolue la crise de la dette dans la zone euro, le chômage mondial baisserait d’environ 1 million en 2012.
A ce défi s’ajoute celui de créer des emplois décents pour quelque 900 millions de travailleurs qui vivent avec leur famille au-dessous du seuil de pauvreté de 2 dollars par jour, essentiellement dans les pays en développement.
Le rapport constate que la reprise qui avait démarré en 2009 a fait long feu et qu’il reste toujours 27 millions de chômeurs de plus qu’au début de la crise. Le fait que les économies ne génèrent pas suffisamment d’emplois se répercute sur le ratio emploi-population (la proportion de la population en âge de travailler qui occupe effectivement un emploi) qui a subi le plus fort déclin jamais enregistré entre 2007 (61,2 pour cent) et 2010 (60,2 pour cent).
Autre constat : les jeunes continuent de figurer parmi les personnes les plus durement touchées par la crise de l’emploi. Et à l’aune de la situation actuelle, il y a peu d’espoir de voir leurs perspectives d’emploi s’améliorer de manière substantielle à court terme, précise le rapport.
74,8 millions de jeunes âgés de 15 à 24 ans étaient sans emploi en 2011, soit 4 millions de jeunes de plus qu’en 2007. A l’échelle mondiale, ces derniers ont un risque presque trois fois plus élevé que les adultes d’être au chômage.
« Malgré les efforts acharnés des gouvernements, la crise de l’emploi ne connaît pas de répit : un travailleur sur trois dans le monde – environ 1,1 milliard de personnes – est chômeur ou vit sous le seuil de pauvreté », déplore le Directeur général du Bureau international du Travail (BIT), Juan Somavia. « Ce qu’il faut, c’est que la création d’emplois dans l’économie réelle devienne notre priorité numéro un. »